Ronronnement du ventilateur de l'ordinateur, langueur de fin de nuit, le merle n'est pas moqueur, mais donne à entendre son chant ; serait-ce enfin bientôt le printemps ? Volutes de café fumant qui chatouillent les narines agréablement, un moment en dehors du temps, juste pour soi, sans contraintes assassines.Intimité de la lueur de l'écran, les doigts se délient doucement sur le clavier pour les gammes de cet instant. Gestes lents, à leur rythme indolent, corps douillettement lové dans des tissus doux au toucher, un début de journée presque idéalement commencé.Mais ne pas oublier que ce n'est qu'un moment, volé au rythme effréné d'une vie bien remplie, qui ne laisse que peu de place à ces parcelles d'éternité où tout est harmonie. Il va falloir bientôt retourner dans ce monde de folie, où l'on n'est rien d'autre qu'un de ces débris, ballotté au rythme de vagues sans cesse renouvelées, qui nous laissent exsangue à la fin de la journée. Prolonger ces minutes de paix, avant de replonger, une fois encore, dans le bain de sa vie.